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✅❌ Décrypter le vrai du faux à l’ère des vidéos virales générées par IA
Pour sa première newsletter de l’année 2026, la Media’tech a rencontré le journaliste Alexis Orsini, et vous parle de son travail de fact-checking sur les vidéos virales de fake news générées par IA. Elle s’envole ensuite, pour parler drones, ces technologies de plus en plus utilisés par les journalistes comme de nouvelles caméras. Puis, atterrissage en Grèce, où le quotidien Makedonia mise sur l’IA pour fidéliser ses lecteurs. Enfin, elle se propose de décrypter l’association entre les médias traditionnels et les influenceurs. Sans oublier pour bien commencer l’année : les 3 recos à ne pas manquer !
Depuis quelques semaines, des sites d’information entièrement générés par intelligence artificielle attirent une audience significative. Leur existence n’a rien d’anecdotique : selon une étude de Médiamétrie, menée avec le média spécialisé Next, ces plateformes captent du trafic, parfois comparable à celui de médias bien installés. Leur promesse est simple, efficace : produire vite, massivement, et à moindre coût. Leur fonctionnement repose sur des modèles entraînés à partir de contenus existants, sans enquête, sans vérification sur le terrain, sans responsabilité éditoriale.
Le phénomène pose une question centrale : que consomme-t-on réellement lorsque l’on consulte ces contenus ? Une information vérifiée, hiérarchisée, contextualisée, ou alors une approximation crédible, produite par des calculs probabilistes ? Récemment, une étude de la BBC a tenté d’apporter un élément de réponse : plus de la moitié des réponses générées par des IA sur des sujets d’actualité contenaient des problèmes significatifs, allant de l’inexactitude suelle à la citation inventée.
L’outil devient problématique lorsqu’il se substitue au travail journalistique lui-même. La plainte déposée par The New York Times contre OpenAI et Microsoft illustre cette ligne de fracture : celle entre assistance technologique et captation du travail intellectuel.
Derrière ces usages se joue aussi un rapport de force économique et symbolique. À mesure que les plateformes automatisées se multiplient, le risque est double : noyer l’espace public sous des contenus standardisés et fragiliser davantage des rédactions déjà sous pression. La question en devient démocratique.
Le média breton Splann ! a pris une position claire : ne pas publier de contenus produits par l’intelligence artificielle générative. Pas par technophobie, mais par choix éditorial. La rédaction rappelle que l’IA ne rencontre pas ses sources, ne confronte pas le pouvoir et ne cherche pas la vérité, seulement la vraisemblance. Elle peut assister, trier, boire des cafés, discuter, retranscrire. Car finalement, c’est aussi ça, le travail du journaliste.
Une interview d'Alexis Orsini, journaliste d’investigation à l’AFP Factuel
L'infographie : le drone, la nouvelle caméra des JRI
1,2,3 IA : pour fidéliser les lecteurs, en Grèce, Makedonia mise sur l’IA
Le décryptage : TF1 et Gaspard G s’allient pour les présidentielles
Les recos : Revue XXI, The New Yorker, Joe Sacco et Art Spiegelman

Au coeur de la lutte contre les fake news avec un journaliste de l’AFP Factuel
Le pape en doudoune, un coup d’Etat en France ou encore Nicolas Maduro en tenue de prisonnier, les photos ou vidéos générées par IA sont légion aujourd’hui sur les réseaux sociaux, alimentant grandement la désinformation. Entretien avec Alexis Orsini, fact-checkeur à l’AFP, qui a fait de la lutte contre les fake news son métier.
Comment se déroule votre travail quotidien à l’AFP Factuel ?
Le matin, chacun fait sa veille sur les différents réseaux sociaux pour préparer la conférence de rédaction. Lors de la réunion, on propose des sujets qui nous semblent faux en s’attardant sur les détails étranges, peu crédibles. Par exemple, il y a quelques semaines, nous avons été alertés par une vidéo qui montrait un cargo déverser ses déchets directement dans la mer et les commentaires étaient scandalisés. Mais, à y regarder de plus près, la forme des déchets n’était pas très réaliste, avec des bouteilles peu ressemblantes.
Ensuite, après validation des chefs, on se met à creuser et soit on se rend compte que c’est effectivement faux ou trompeur et que ça mérite un fact-check, soit on réalise que c’est vrai ou que ce n’est pas fact-checkable avec suffisamment d’éléments probants. Dans ce cas-là, on abandonne parfois le sujet. C’est frustrant, mais on ne peut pas se lancer sans être sûr que l’info débouchera sur un fact-check pertinent.
Existe-il des fact-check peu pertinents ?
Peu pertinents non mais il n’est pas très utile de faire un fact-check sur une image peut-être générée par IA, mais représentant un événement qui a réellement eu lieu. C’est arrivé avec les manifestations récentes d’agriculteurs en France. Sur des vidéos générées par IA, on y voit les agriculteurs chanter la Marseillaise en cœur, comme pour illustrer un évènement qui a bien eu lieu mais qui n’avait pas ou peu été filmé. Dans ce cas, il faut être précis : dire que l’image est générée par IA, tout en expliquant que l’événement a bien eu lieu. Cela interroge quand même : est-ce problématique d’utiliser l’IA pour illustrer des moments qui ont vraiment existé mais qui n’ont pas été documentés ?
Quelle est votre méthode pour détecter les potentielles vidéos générées par IA ?
Il n’y a pas de recette universelle, c’est souvent en mettant bout à bout des faisceaux d’indices qu’on arrive à déceler des incohérences. On fait d’abord attention à la longueur de la vidéo. Les vidéos IA étant souvent des séquences de quelques secondes, ou encore au positionnement du logo du diffuseur qui peut être utilisé pour cacher le logo de l’intelligence artificielle (Sora, Grok, …). À l’AFP Factuel, nous avons également, à notre disposition différents outils qui nous permettent de détecter une IA. Ainsi, Google intègre un watermark (signature dans la nature du fichier invisible à l’œil nu) que l’outil peut détecter dans les vidéos générées avec ses outils IA.
Nous avons accès à un outil en bêta-test qui permet de détecter ce watermark. Le plugin Invid-WeVerify fonctionne également bien pour déceler une génération d’images par l’intelligence artificielle. Cependant, ces outils restent en complément des anomalies détectées par l’œil car, comme tous les outils IA, ils ne sont jamais entièrement probants et ne peuvent constituer l’unique élément à charge dans une démonstration.
Remarquez-vous une amélioration exponentielle des logiciels d’IA ?
Oui, clairement. En comparant avec il y a un ou deux ans, voire quelques mois, les progrès sont impressionnants. Les contenus générés par IA sont plus réalistes et donc plus difficiles à détecter. Au début de ChatGPT et d’OpenAI, il y a deux ans, lorsque cela a été ouvert au grand public, on repérait facilement des anomalies comme les mains à six doigts. Ça existe encore, mais beaucoup moins. Les personnes qui génèrent ces images maîtrisent mieux les prompts et passent plus de temps dessus. Il y a donc une vraie amélioration, à la fois des outils et des formations à l’intelligence artificielle.
Est-ce que le fact-checking en devient plus difficile ?
Sur le fact-checking en général, non. Sur les images générées par IA, oui, la démonstration est plus complexe, les indices sautent moins aux yeux. Après, avant même l’IA, on voyait déjà circuler de vieilles images ou des images prises ailleurs, partagées comme si elles représentaient un événement récent. Tout l’enjeu est donc d’évaluer la viralité d’une vidéo et de choisir de fact-checker celles qui sont amenées à faire le plus de vues.



Pour fidéliser les lecteurs, en Grèce, Makedonia mise sur l’IA
En Grèce comme en France, les quotidiens traditionnels doivent se réinventer pour rester compétitifs, la transition numérique étant devenue un levier essentiel pour conserver une place dans l’écosystème médiatique. C’est le pari de Makedonia, quotidien fondé en 1911 et solidement ancré à Thessalonique et dans le nord de la Grèce.
Via son site eMakedonia.gr, le journal propose une édition en ligne et une newsletter quotidienne, et mise depuis quelques mois sur l’intelligence artificielle pour enrayer l’érosion de son audience. L’objectif est de recréer du lien avec les lecteurs en leur offrant une newsletter personnalisée, conçue à partir de leurs centres d’intérêt, afin de renforcer leur attachement au titre.
Éviter l’enfermement dans une bulle médiatique
Fidéliser les lecteurs est un enjeu. Les informer de manière équilibrée en est un autre. Conscient des risques liés à l’hyper-personnalisation, Makedonia cherche un compromis entre automatisation et hiérarchisation éditoriale.
L’IA analyse le comportement des abonnés à la newsletter : clics, temps de lecture, thématiques privilégiées. À partir de ce profil individualisé, elle sélectionne des contenus disponibles sur le site. Mais le média conserve un contrôle humain fort : les journalistes élaborent des sélections éditoriales, qui constituent le socle de l’actualité chaude et incontournable.
Chaque matin, les abonnés reçoivent ainsi un condensé d’informations mêlant recommandations personnalisées et choix éditoriaux assumés. Pour un quotidien à forte identité régionale, la formule semble porter ses fruits : en novembre dernier, le site revendiquait un peu plus d’un million de visiteurs et une hausse de fréquentation de 30 % par rapport au mois précédent.
L’usage de l’IA pour alimenter une newsletter n’est pas un cas isolé. En Grèce comme ailleurs, ce format s’impose comme un terrain privilégié pour créer un lien direct et durable avec les lecteurs. Relation désintermédiée, personnalisation, possibilité d’interaction : la newsletter fonctionne déjà efficacement sans IA. Mais les rédactions sont de plus en plus nombreuses à en explorer les potentialités.
Le groupe britannique Telegraph Media Group (éditeur du Daily Telegraph) collabore par exemple avec la Google News Initiative pour développer des newsletters dont le contenu est partiellement composé par des algorithmes analysant les centres d’intérêt des lecteurs. Même logique chez The Hustle, média spécialisé dans l’entrepreneuriat, qui repose sur un modèle hybride proche de celui de Makedonia : l’IA identifie les préférences des lecteurs, tandis que la ligne éditoriale reste strictement définie par la rédaction.
Dans ces dispositifs, l’intelligence artificielle ne remplace pas le travail journalistique. Elle agit comme un outil de médiation, capable d’adapter l’information à des publics différenciés, sans renoncer à une hiérarchie de l’actualité pensée par des journalistes.

TF1 et Gaspard G s'allient pour les présidentielles, une association entre médias traditionnels et influenceurs, un modèle répandu dans le monde ?
C'est officiel, Gaspard G et TF1 produiront une série de podcasts vidéo comprenant des interviews de personnalités politiques en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Depuis 2017, l'influenceur Gaspard G (ou de son vrai nom Gaspard Guermonprez) analyse l'actualité et raconte celles et ceux qui la font sur sa chaîne YouTube. Au total, il comptabilise près d'1,65 million d'abonnés sur les plateformes YouTube, Instagram et TikTok. Son audience, âgée selon Stratégies de 18 à 34 ans, a de quoi intéresser TF1. C'est l'occasion d'apporter un coup de jeune à la marque TF1 dont la moyenne d'âge est de 58,5 ans selon le site Marie France.
De plus en plus de collaborations entre médias traditionnels et influenceurs
La collaboration entre médias traditionnels et créateurs de contenu est assez commune en France. Depuis que des créateurs de contenu tels qu'HugoDécrypte, Louise Aubery, Sally ou encore Gaspard G ont émergé sur les plateformes numériques, les collaborations entre médias traditionnels et ces derniers se multiplient. Gaspard G et Louise Aubery ont déjà travaillé pour France Inter en tant que respectivement chroniqueur en 2024 et podcasteuse en 2025. Hugo Travers alias HugoDécrypte a lui collaboré en 2023 avec France 2 à la diffusion d'interviews de célébrités comme Billie Eilish.
Aux États-Unis, des influenceurs de l'info plus politiques
Les créateurs de contenu sur l'actualité ont la cote en France. Selon le Reuters Institute, les premiers influenceurs médiatiques sont HugoDécrypte qui rassemble près de 5,5 millions d'abonnés sur ses deux chaînes YouTube, suivi d'Hugo Clément, le journaliste et militant écologiste.
De l'autre côté de l'Atlantique, les créateurs de contenu en lien avec l'actualité sont très différents. L'idéologie ou le commentaire politique occupent une place plus importante dans leurs contenus qu'en France. L'influenceur traitant de l'actualité le plus populaire des États-Unis après Elon Musk, c'est Joe Rogan, soutien de Donald Trump qui galvanise le monde médiatique avec ses 20,6 millions d'abonnés sur YouTube.
La ligne éditoriale de l'interviewer est masculine, libertarienne. Sur son podcast, le soutien du 47ᵉ président américain invite aussi des personnes aux propos antivax et climatosceptiques. Les influenceurs les plus populaires comme Joe Rogan, Tucker Carlson ou encore Ben Shapiro aux États-Unis ont un point commun : l'orientation politique. Une tendance assez éloignée du contenu des principaux influenceurs informationnels français qui accordent une place importante au décryptage et à l'enquête.
Si ce phénomène de créateurs de contenu d'information fonctionne en France, il ne se cantonne pas à l'Hexagone. Chez nos voisins allemands, des modèles d'alliances médiatiques similaires existent.
Des influenceurs allemands financés par les médias traditionnels
Outre-Rhin, plusieurs comptes YouTube ou Instagram comme MrWissen2go (publications sur l'histoire) et @vicas.takes (traite des actualités politiques) sur Instagram sont rémunérés grâce aux médias audiovisuels publics.
Mais à la différence de nos influenceurs d'actualité, les influenceurs allemands sont intrinsèquement liés aux médias qui les rémunèrent. Ils ne sont pas en collaboration temporaire pour tel ou tel projet, mais travaillent de manière permanente pour des médias traditionnels. À savoir funk, une plateforme de réseau et un compte Instagram créés en 2016 par les chaînes télévisées publiques ARD et ZDF, dont l'objectif est d'informer les jeunes. Funk fonctionne en réseau, c'est-à-dire qu'il finance le travail des comptes d'influenceurs tels que MrWissen2go et vicas.takes. Tout ce que produisent ces créateurs de contenu appartient à funk.
S'il reste à prouver que TF1 attirera des jeunes grâce aux podcasts vidéo produits en collaboration avec Gaspard G, la première chaîne télévisée française pourrait s'inspirer de nos voisins allemands.

La Revue XXI, référence du journalisme littéraire, veut s’imposer sur le web
Bye bye les chiffres romains et la couverture horizontale, marqueurs historiques de la Revue XXI, bonjour le webfirst. Lancée en 2008 et connue pour être 100% papier, la revue cherche à se réinventer. D’abord, en adoptant un nouveau logo jugé plus limpide : “Revue21”, depuis septembre 2025. Ensuite et surtout, en pariant sur le numérique. Après avoir longtemps cultivé son amour du papier, elle cherche aujourd’hui à faire de son site internet son premier support.
Pour le nouveau rédacteur en chef Guillaume Gendron, s’adapter à l’évolution du monde des médias sur le web était urgent, « Aujourd’hui, la plupart des médias ont des paywalls, et essaient de faire des contenus un peu plus premium. L’effet de contraste saisissant que proposait XXI n’est plus aussi fort ». Cette « révolution copernicienne » du passage au web commence dès 2023, quand le groupe Indigo rachète la revue, pour la « dépoussiérer » et la sortir de ses difficultés financières constantes. Maurice Botbol, fondateur du groupe, affirme rester aligné sur les principes de qualité, de rigueur et de profondeur d’une revue qu’il veut rendre « plus dynamique et réactive ».
Alors qu’à ses grandes heures, elle réalisait près de 50 000 ventes, les derniers numéros de la revue ont été tirés à 12 000 exemplaires. Une situation qui pèse sur les finances du titre, et qui serait due au trop long refus du numérique. Près de deux ans après avoir entamé ce virage, la Revue21 cherche à augmenter rapidement ses abonnements pour pérenniser son nouveau modèle. Elle propose aussi trois newsletters : Le grand récit (le lundi), Le regard de Revue21 (reportage photo au long cours ou décryptage d’une image iconique le mercredi), et Raconte ! (samedi). On vous l’assure, ça vaut le détour !
Le New Yorker s’offre un documentaire pour fêter son centenaire
De ses nombreux Prix Pulitzer à ses couvertures mythiques dessinées sans titres, le fameux New Yorker conquiert depuis 100 ans un grand nombre de lecteurs à travers le monde. Quoi de mieux pour fêter le centenaire de l’hebdomadaire américain que d’honorer son histoire à travers un documentaire ? C’est le pari relevé par le réalisateur Marshall Curry, avec Le centenaire du New Yorker. Le film, sorti le 5 décembre dernier sur Netflix, découpe en 1h30 un siècle de journalisme sur plusieurs époques.
En rappelant les grands reportages qui ont façonné l’identité et la réputation du magazine, le film documentaire nous plonge dans la mécanique bien huilée d’un journal exigeant dont le succès ne tarie pas. Ses anecdotes et ses spécificités donnent à voir le style affirmé du New Yorker : raconter l’histoire à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue. On peut évoquer entre autres le travail de fact-checking auquel tous les papiers sont soumis. Vingt-neuf personnes vérifient au quotidien chaque information destinée à être imprimée.
Ce documentaire, c’est aussi l’occasion d’aborder le travail rigoureux des journalistes à l’ère de la révolution numérique, pour un magazine qui se conçoit avant tout comme un objet. Un film important, qui donne de l’espoir sur l’avenir d’une presse libre, rigoureuse et résolument moderne.
Une conversation dessinée sur Gaza, exposée rue Martel à Paris
Après le documentaire d'Hélène Lam Trong (qu’on espère que vous avez vu), c’est à la bande dessinée d’avoir voix au chapitre pour dénoncer la guerre dans la bande de Gaza. Joe Sacco, père du reportage en bande dessinée, a décidé de se mettre en scène aux côtés d’Art Spiegelman, lui aussi auteur et illustrateur, dans une exposition intitulée « Never Again !... And Again… And Again… ». Le parti pris est assumé : dénoncer ce qu’ils n’ont pas peur d’appeler un génocide. Leurs esquisses sont présentées au sein de la galerie Martel, dans le 10ème arrondissement de Paris.
Le premier est fervent défenseur de la cause palestinienne, le second est mondialement connu pour être l’auteur de Maus, œuvre dans laquelle il raconte le génocide des juifs par les nazis. Tout part d’une discussion entre les deux amis, dans un café new yorkais. Et puis voilà que l’américain et le maltais poursuivent leur dialogue par dessins interposés, fiers de vanter la magie de la bande dessinée. En février 2025, trois planches paraissent dans plusieurs titres de presse européens.
Chaque dessin a été discuté, pesé, remanié. L’œuvre de Spiegelman est pensée comme une toile où sont projetées des émotions brutes. Elle se marie avec finesse au travail ancré dans l’investigation de Sacco. La vision commune des deux hommes se révèle : la bande dessinée permet aussi d’éclairer une réalité, d’affirmer un point de vue. Les esquisses et les planches de leur travail commun seront mises aux enchères par la galerie Martel, puis l’argent récolté sera reversé à l’Unicef.