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  • đŸ‡·đŸ‡ș La Russie veut vous désinformer avec l'IA (et les médias) đŸ€–

đŸ‡·đŸ‡ș La Russie veut vous désinformer avec l'IA (et les médias) đŸ€–

On parle aussi de viralité des contenus sur les réseaux sociaux avec le data analyst Florent Lefevre, a.k.a. « Flefgraph ». On se penche sur les médias locaux d'investigation en France métropolitaine, sur le nouveau JT à la sauce Unreal Engine de TF1 et sur la seconde édition de « L'Info et Vous ». Côté IA, on s'intéresse à DJINN, un algorithme danois capable de proposer des idées de sujets aux journalistes d'une rédaction. Bonne lecture !

Rubrique : Sommaire avec Flefgraph, Yep News, Portal Kombat, Unreal Engine, TF1, Djinn, Enquetes en local, Viralité et Itromso
Rubrique : L'Ă©dito

Gilles Bouleau dans un aĂ©roport, Anne-Claire Coudray dans une rue inondĂ©e ou Marie Sophie Lacarrau dans une cuisine, le tout en ne bougeant pas du plateau du JT. VoilĂ  la promesse du « nouveau JT » de la Une, Ă  l’antenne depuis deux semaines. En rĂ©alitĂ©, il s’agit surtout d’un rafraĂźchissement visuel, avec une nouvelle scĂ©nographie pour l’ouverture des titres et un habillage reliftĂ©. Mais le plus gros changement, c’est l’intĂ©gration de scĂšnes en rĂ©alitĂ© augmentĂ©e, grĂące Ă  un moteur hyper puissant, Unreal Engine, destinĂ© au dĂ©part aux jeux vidĂ©o. 

Ce n’est pas la premiĂšre fois qu’une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision utilise ce moteur de rendu : France 2 l’utilise dans ses journaux et Ă©missions depuis 2018. Chez M6, mĂȘme chose pour la mĂ©tĂ©o et plus rĂ©cemment, les JTs. C’est d’ailleurs elle qui avait lancĂ© la tendance des dĂ©cors virtuels il y a une dizaine d’annĂ©es. Mais Ă  bien y regarder, toutes ces amĂ©liorations, qui certes, sont trĂšs proprement rĂ©alisĂ©es, semblent un peu « gadget ». Quelle est la plus-value informationnelle, que le prĂ©sentateur soit dans un dĂ©cor virtuel ou sur le plateau ? 

Pour le directeur artistique de TF1, Yoann Saillon, cela « permet de susciter un intĂ©rĂȘt diffĂ©rent et un attrait pour que les gens se disent “ah tiens, il se passe un Ă©vĂ©nement intĂ©ressant”. » Il ne faut pas nier que cela peut avoir un intĂ©rĂȘt pour le tĂ©lĂ©spectateur, surtout celui qui n’est pas fĂ©ru d’actualitĂ©, mais il y a peut-ĂȘtre un curseur Ă  placer entre trouver une maniĂšre innovante de raconter l’information et un surplus d’innovations.

Rubrique : l'interview, avec Florent Lefevre, social data analyst

Comprendre la viralité avec Florent Lefebvre, social data analyst

Florent Lefebvre est un spĂ©cialiste reconnu de l’analyse des dynamiques sociales en ligne. AprĂšs trois ans d’activitĂ© en indĂ©pendant, il a cofondĂ© Agoratlas pour structurer et industrialiser ses mĂ©thodes d’exploration des rĂ©seaux sociaux. Son expertise offre aux journalistes un vĂ©ritable levier pour dĂ©crypter les stratĂ©gies d’influence et les interactions qui façonnent l’opinion lors d’évĂ©nements politiques qui font l’actu. Pour La Mediatech, il explique sa dĂ©marche et d’oĂč lui vient sa passion.

En tant que social data analyst, vous collectez et analysez des donnĂ©es des rĂ©seaux sociaux, que vous cartographiez pour identifier des tendances et des comportements collectifs. D’oĂč vous est venue cette envie ?

À la base, j’étais dĂ©veloppeur web, mais j’ai toujours aimĂ© les cartes. Je passais beaucoup de temps sur les rĂ©seaux sociaux et je m’intĂ©ressais Ă  la recherche scientifique sur le sujet. Je suivais pas mal ce que faisaient des gens comme David Chabalarias, directeur de recherche au CNRS, qui a dĂ©veloppĂ© son outil d’analyse des rĂ©seaux sociaux

Lorsque le Covid est arrivĂ©, je me suis retrouvĂ© avec beaucoup de temps libre et j’ai commencĂ© Ă  explorer les mĂ©thodes pour Ă©tudier la circulation des informations. J’ai publiĂ© des cartographies de mes premiĂšres analyses sur Twitter, juste pour m'entraĂźner. C’était le terrain de jeu idĂ©al pour faire ça, parce que son API (Application Programming Interface, ndlr), qui permet aux dĂ©veloppeurs d'accĂ©der aux donnĂ©es de la plateforme comme les tweets, Ă©tait accessible financiĂšrement. Puis, Ă  force de publier, j'ai eu des grosses sociĂ©tĂ©s qui sont venues me dire en DM (message privĂ©, ndlr) : « Le jour oĂč tu fais ça de maniĂšre payante, on sera tes premiers clients. »

Quels genres d’outils utilisez-vous ?

J’utilise un mĂ©lange d’outils open source, de solutions dĂ©veloppĂ©es sur mesure et de plateformes de social listening comme Visibrain, qui me permet d’accĂ©der aux donnĂ©es de Twitter sans passer par son API, dĂ©sormais facturĂ©e jusqu’à 42 000 dollars par mois.

Certains outils automatisent la collecte des donnĂ©es, tandis que d’autres cartographient. Pour traiter de grands volumes de texte, j’intĂšgre parfois de l’IA, mais toujours avec une validation rigoureuse. Par exemple, pour Ă©tudier un cas de discours haineux, j’ai utilisĂ© un modĂšle d’IA pour dĂ©tecter les messages problĂ©matiques parmi un million de tweets. AprĂšs ce premier tri, j’ai vĂ©rifiĂ© les rĂ©sultats avec des outils qui n’intĂšgrent pas de l’IA pour confirmer la nature exacte des contenus repĂ©rĂ©s.

L’objectif de tout cet outillage est d’obtenir une vision globale et complĂšte d’une problĂ©matique, au-delĂ  de contenus rendus plus visibles par les algorithmes de recommandation. L’intĂ©rĂȘt est aussi de pouvoir rĂ©pliquer rapidement des analyses sur de nouveaux sujets.

Le 28 fĂ©vrier dernier, Volodymyr Zelensky a rencontrĂ© Donald Trump Ă  la Maison Blanche, dans un Ă©change tendu diffusĂ© sur YouTube. Vous avez dĂ©montrĂ© qu’une vaste campagne d’influence anti-Zelensky a Ă©mergĂ© sur X dans les heures qui ont suivi, une analyse reprise par TF1, 20 Minutes et France Info. Qu’est-ce qui vous a poussĂ© Ă  Ă©tudier ce cas prĂ©cis ?

J’ai vu une dizaine de publications dĂ©filer sur le sujet. Je me suis demandĂ© si elles pouvaient ĂȘtre reprĂ©sentatives d’un phĂ©nomĂšne plus large et si des gens essayaient de s’engouffrer dans une brĂšche. J’ai rĂ©cupĂ©rĂ© Ă  ce moment tous les tweets qui contenaient le mot « Zelensky », et, comme souvent, j’ai fait une cartographie pour distinguer des groupes et comprendre les rapports de forces. Quand j’ai vu les rĂ©sultats, je me suis dit qu’il n’y a pas que moi que ça intĂ©resserait. On a ensuite publiĂ© l’étude au nom d’Agoratlas, pour que des prospects (boĂźtes de com, ONG, influenceurs
) voient de quoi on est capables.

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En faisant certaines analyses, on se rend aussi compte qu'il y a des fans de n'importe quel sujet, qui crĂ©ent des contenus dont on n’a jamais entendu parler, mais qui font quand mĂȘme parfois des millions de vues.

Florent Lefevre, social data analyst

Vos analyses, comme celles-ci, vous ont-elles appris des choses sur le fonctionnement de X ou des réseaux sociaux en général ?

Je me suis rendu compte que beaucoup d'algorithmes que j'utilise sont aussi utilisĂ©s dans le moteur mĂȘme du rĂ©seau social, par exemple pour la recommandation. Quand j'essaie de savoir si plusieurs comptes forment une communautĂ©, les rĂ©seaux sociaux en eux-mĂȘmes, notamment Twitter qui avait publiĂ© une partie de son code source, montrent qu'ils utilisent plus ou moins les mĂȘmes algorithmes.

Analyser les rĂ©seaux sociaux ainsi me permet vraiment de comprendre comment un contenu devient viral. Par exemple, sur TikTok, lors des lĂ©gislatives en France et des Ă©lections en Roumanie, j’ai pu observer des attaques Ă  l’audience oĂč des milliers de comptes inondaient de commentaires des vidĂ©os de mĂ©dias mainstream ou de vidĂ©os de comptes qui n’avaient rien Ă  voir. Des noms de candidats d’extrĂȘme droite influençaient l’algorithme de recommandation et dĂ©sĂ©quilibraient ainsi totalement ce qu’un utilisateur lambda pouvait voir sur la plateforme.

En faisant certaines analyses, on se rend aussi compte qu'il y a des fans de n'importe quel sujet, qui crĂ©ent des contenus dont on n’a jamais entendu parler, mais qui font quand mĂȘme parfois des millions de vues : des amateurs de tramways qui filment chaque passage Ă  quai ou des agriculteurs qui font de l’ASMR en soignant leurs bĂȘtes. Étudier ce qui existe sur Internet, ce que les gens disent, ce que les gens font, c’est vraiment passionnant.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Avec les deux autres personnes avec qui j’ai fondĂ© Agoratlas, l’objectif est vraiment d’étendre nos capacitĂ©s d’analyse, notamment sur des plateformes comme Instagram ou TikTok, qui fonctionnent diffĂ©remment de Twitter. Pourquoi pas Ă©galement dĂ©velopper des outils plus accessibles pour les journalistes et les chercheurs, afin qu’ils puissent rĂ©aliser eux-mĂȘmes certaines analyses. À terme, j’aimerais aussi explorer des formats plus pĂ©dagogiques pour expliquer ces phĂ©nomĂšnes au grand public, Ă  travers des vidĂ©os. D’ailleurs, c’est toujours mieux de publier une analyse qui concerne un rĂ©seau social sur celui-ci.

Rubrique : L'infographie
Cartographie représentant les médias d'investigation locale en France Métropolitaine. Y figurent La Lettre à Lulu, Le Poulpe, Splann!, La Topette, La Galipote, Spotlighted, MarsActu, Médiacités et Rue89.
Rubrique : Med.IA
Bonjour Med.IA ! Dis-moi, avec toutes ces innovations dans le domaine de l’IA, je me demandais, est-ce qu’il existe des outils qui aident les journalistes Ă  trouver des sujets intĂ©ressants pour le public ? Salut ! Ce genre d’outils existe en effet ! C’est notamment le cas de DJINN, pour « Data Journalism Interface for News gathering and Notification » dĂ©veloppĂ© par le mĂ©dia local norvĂ©gien iTromsĂž. Comme son nom l’indique, ce modĂšle est capable, sur un domaine donnĂ©, de rĂ©cupĂ©rer des documents administratifs et financiers accessibles au public, d’évaluer leur intĂ©rĂȘt journalistique et d’envoyer au journaliste une liste de sujets potentiels classĂ©s par ordre de pertinence. Comment est-ce que cette petite rĂ©daction en est venue Ă  dĂ©velopper un tel outil ? En fait, DJINN n’est pas la premiĂšre expĂ©rimentation de ce quotidien avec l’IA. Depuis 2020, ils ont dĂ©veloppĂ© plusieurs modĂšles pour repĂ©rer des anomalies dans diffĂ©rents types de jeux de donnĂ©es allant des transactions immobiliĂšres aux entreprises de pĂȘche. Des outils Ă  la fois simples et efficaces, mais encore assez arides d’utilisation. C’est aprĂšs une rencontre avec des ingĂ©nieurs d’IBM que les Ă©quipes d’ iTromsĂž finissent en 2023 par concevoir DJINN. Ce dernier est dotĂ© d’une interface plus intuitive, dans laquelle les documents sont classĂ©s par un score de « newsworthiness »,leur susceptibilitĂ© de contenir une information digne d’intĂ©rĂȘt. Mais comment une IA peut-elle dĂ©terminer la pertinence d’une information ? C’est en effet une notion assez floue et qui dĂ©pend de nombreux paramĂštres trĂšs variables ! Dans le podcast Newsroom Robots, Ryne Ytreberg et Lars Adrian Giske, deux des crĂ©ateurs de DJINN, expliquent qu’ils ont contournĂ© le problĂšme en modĂ©lisant « l’instinct de journaliste ». Pour cela, ils se sont tournĂ©s vers les journalistes spĂ©cialistes de leur rĂ©daction. Ils leur ont soumis un certain nombre de documents en leur demandant si oui ou non chacun d’entre eux Ă©tait susceptible d’ĂȘtre intĂ©ressant. Et c’est Ă  partir de ces Ă©valuations expertes que l’IA a Ă©tĂ© entraĂźnĂ©e Ă  deviner ce qui pourrait faire une bonne matiĂšre pour un article. C’est trĂšs intĂ©ressant ! Et au final, est-ce que cet outil leur est utile ? TrĂšs utile mĂȘme ! En premier lieu, les journalistes gagnent Ă©normĂ©ment de temps chaque jour dans leur recherche d’information, passant de 2 Ă  3 heures Ă  seulement 10 minutes ! L’outil permet Ă©galement aux journalistes non spĂ©cialisĂ©s ou moins expĂ©rimentĂ©s de repĂ©rer des sujets qu’ils n’auraient pu identifier sans un Ɠil plus aguerris. Par exemple, Ă  l’étĂ© 2023, aux touts dĂ©buts de la mise en place de DJINN, deux stagiaires tout juste sortis de l’école de journalisme, ont pu faire la Une Ă  cinq reprises en une semaine grĂące Ă  des sujets repĂ©rĂ©s par l’IA ! C’est assez impressionnant ! Merci pour toutes ces infos MED.IA, et Ă  la prochaine fois pour plus d’innovations journalistiques !
Rubrique : Bref

Avec l’opĂ©ration « Portal Kombat », la Russie franchit un nouveau Cap(com) dans la dĂ©sinformation

Des combattants du bataillon ukrainien Azov ont-ils brĂ»lĂ© des effigies de Donald Trump ? Dans les faits, non : plusieurs sources en ligne vous indiqueront que la vidĂ©o est en fait un fake, diffusĂ© par des sphĂšres proches du Kremlin. En revanche, si vous posez la question Ă  ChatGPT, Claude (l’IA d’Anthropic) ou Copilot (celle de Microsoft), ils risquent de vous rĂ©pondre que c’est bien le cas, sources Ă  l’appui. La faute Ă  qui ? « Portal Kombat », la derniĂšre trouvaille de Moscou pour sa propagande, Ă  en croire un rĂ©cent rapport de l’entreprise amĂ©ricaine Newsguard, qui analyse la dĂ©sinformation en ligne.

Oubliez les internautes : la cible, ce sont dĂ©sormais les modĂšles conversationnels d’IA, rĂ©vĂšle France24. Pour les atteindre, la Russie exploite en fait ce qui est censĂ© faire leur force : les crawlers, ces algorithmes qui rĂ©cupĂšrent (avec plus ou moins de lĂ©galitĂ©) des contenus sur Internet pour entraĂźner des outils d’IA. Qu’importe, donc, que les articles mensongers ne touchent pas plĂ©thore d’internautes. L’important, c’est qu’ils existent en ligne
 et qu’ils inondent le Net.

« L’Info et vous », la consultation citoyenne sur les mĂ©dias de France Info, pose ses valises Ă  Lille avec La Voix du Nord 

Comment renouer le dialogue entre citoyens et journalistes, et, plus gĂ©nĂ©ralement, autour des mĂ©dias et de l’information ? C’est la question Ă  laquelle France Info tente de rĂ©pondre via la seconde Ă©dition de « L’Info et Vous », qui posera ses valises Ă  Lille (Nord) le 3 avril, en partenariat avec La Voix du Nord. Les Nordistes sont les seconds Ă  participer, aprĂšs les Bretons avec Ouest-France, en mai 2024.

Le dispositif a commencĂ© par une phase de consultation en ligne lancĂ©e le 28 fĂ©vrier, Ă  laquelle n’importe qui peut participer via ce questionnaire. 21 questions permettront Ă  tout un chacun d’exprimer ses attentes et observations sur les mĂ©dias. Cette saison 2 se conclura lors d’une soirĂ©e d’échanges, le 3 avril donc, dans les locaux lillois de la Voix du Nord. C’est gratuit, il reste des places, et les premiers rĂ©sultats de la consultation seront dĂ©voilĂ©s ! 

YEP News, un agrégateur pour renforcer le journalisme européen

Proposer aux internautes europĂ©ens un journalisme de qualitĂ©, fiable et nuancé  Tout en donnant une couverture non plus nationale, mais continentale Ă  des mĂ©dias europĂ©ens. C’est le pari de l’agrĂ©gateur europĂ©en YEP, pour « Your European Perspective » - le quotidien Yorkshire Evening Post apprĂ©ciera - lancĂ© le 11 mars et qui publie chaque jour sur son site Internet les contenus de onze mĂ©dias partenaires. On y retrouve notamment France TĂ©lĂ©visions, la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision espagnole RTVE, la radio belge RTBF, mais aussi les radio-tĂ©lĂ©vision estonienne ERR et Suspilne Ukraine.

Tous sont membres de l’initiative A European Perspective, une rĂ©daction mutualisĂ©e paneuropĂ©enne, qui publie prĂšs de 3 000 articles par jour. Difficile de faire un choix parmi autant de contenus
 Sauf Ă  faire intervenir une intelligence artificielle (on est quand mĂȘme en 2025, zut Ă  la fin), qui s’occupe ici de sĂ©lectionner les articles publiĂ©s sur YEP - sous le contrĂŽle d’un humain, Ă©videmment. Mais son action ne s’arrĂȘte pas lĂ  : l’IA traduit aussi les contenus en cinq langues (anglais, français, allemand, portugais et espagnol). 

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Merci pour votre fidélité, à bientÎt ! Cette newsletter a été réalisée par Charlotte Delfosse, Edwige Denis Ward Doncoeur , Axel Favrot, Ellyn Mainguy, Quentin-Mathéo Pihour, Alexandre Thibout. Etudiants à l'ESJ Lille. Encadrement : Auriane Guérithault.