Média'tech

Cette semaine dans la Média’tech, on s’intéresse à une révolution silencieuse : celle de l’intelligence artificielle dans les rédactions. Entre promesse de gain de temps et logique de réduction des coûts, l’IA bouleverse déjà les métiers de l’information, parfois au détriment du regard humain.

Quand l’IA remplace les gardiens de l’information

Onde de choc dans le monde des médias. Le groupe de presse professionnel Infopro (qui possède notamment Le Moniteur ou encore l’Usine Nouvelle) a annoncé lundi 4 mai la suppression de 19 postes de journalistes secrétaires de rédaction en CDI, remplacés par cinq chefs d’édition assistés d’un outil d’intelligence artificielle. Une annonce brutale, prise sans concertation des salariés, qui se sont aussitôt mis en grève.

Cette décision dépasse largement le seul cas d’Infopro. Elle raconte quelque chose de plus vaste sur la manière dont l’IA entre parfois dans les rédactions comme un argument de réorganisation et de réduction des coûts.

Le débat n’est pourtant pas de savoir si l’IA a sa place dans les médias : elle y est déjà. De nombreux journalistes l’utilisent pour retranscrire des interviews, dérusher des heures d’audio ou proposer des traductions. Des usages qui permettent de gagner du temps, mais sans impact direct sur le contenu éditorial.

Non, la question soulevée ici est avant tout éditoriale. Le métier de secrétaire de rédaction, souvent méconnu du grand public, occupe une place essentielle dans la chaîne de fabrication de l’information. Ces journalistes de l’ombre ne se contentent pas de corriger des fautes : ils retravaillent les titres, les intertitres, les chapôs, vérifient la cohérence d’un article, hiérarchisent les informations, repèrent les approximations et traquent les erreurs factuelles ou juridiques. Leur rôle exige une connaissance fine de la langue, mais surtout, une capacité de jugement. Ce dont n’est pas (encore) capable une IA.

À force de considérer certains métiers comme « automatisables », les médias prennent le risque d’affaiblir précisément ce qui fait leur valeur : la rigueur, la confiance, et l’humain. Dans une époque marquée par la défiance envers les journalistes et la dilution permanente de l’information, ce n’est peut-être pas le signal le plus rassurant à envoyer...

  • Interview de Camille Crosnier, journaliste et chroniqueuse pour France Inter.

  • 1,2,3 IA : L’IA : nouvelle alliée dans la modération de contenu sur les plateformes numériques ?

  • Décryptage : Le journalisme collaboratif, une voie innovante pour l’information de demain.

  • Infographie : Retour sur la mort de Ted Turner et le parcours de la CNN.

  • Les recos : Rundway, Vox Media et Substack.

« Multinationales : l’histoire de ces entreprises qui nous gouvernent », un podcast pour comprendre le parcours de puissants empires industriels

Sur France Inter, la deuxième salve d'épisodes du podcast « Multinationales : l’histoire de ces entreprises qui nous gouvernent » est sortie ce mardi 19 mai. À cette occasion, la passionnée de radio Camille Crosnier raconte le travail qu'a requis son premier podcast. Passée par l'émission scientifique, La Terre au carré, la journaliste de France Inter anime un programme dédié aux enfants « Les P'tits Bateaux », et tient une chronique environnementale « Debout la Terre » du lundi au jeudi à 6h47.

Qu’est ce qui t’a donné envie de raconter l’histoire des multinationales en podcast ? Où as-tu trouvé l’inspiration ?

Avant les vacances d'été (2025, ndlr), l'ancienne directrice Adèle Van Reeth, m'avait informée que je cesserais de travailler dans l'émission La Terre au carré. Je savais que je gardais l'émission Les P’tits Bateaux, mais je n'avais pas encore la chronique Debout la Terre. Donc je cherchais une idée pour créer un podcast, parce que j'adore en écouter et que je n'en avais jamais créé. Pendant les vacances estivales, je randonnais dans le Lubéron, quand soudain, j'ai pensé à TotalEnergies. Je me suis demandé comment la firme était née. Je ne connaissais pas son histoire.


Puis, j'ai réfléchi à d'autres entreprises et je me suis aperçue que je ne connaissais pas non plus leur histoire. J'ai vérifié sur Internet que ce type de podcast n'existait pas, et surtout si ça existait, j'aurais écouté ! Mais je n'ai rien trouvé. Dans le train du retour, j'ai envoyé un mail à Adèle Van Reeth avec tout mon concept, des idées d'entreprises dont j'aimerais creuser le parcours et l'équipe dont j'aurais besoin.


Fin juin, début juillet, le nouveau directeur des programmes Laurent Goumarre m'a appelé et a validé : « C'est top, on prend ton idée ! »

Comment choisis-tu les multinationales dont tu vas raconter le parcours ?

Je ne vais pas raconter l'histoire d'une marque. Ce qui compte, c'est vraiment la puissance de l'entreprise et comprendre comment ces multinationales sont nées, se sont développées et sont devenues aussi puissantes.

L'objectif avec tous ces récits est de constituer une sorte de toile, de mosaïque qui dessine l'histoire du capitalisme. J'ai choisi des multinationales qui dominent l'économie dans différents secteurs et qui recouvrent différents enjeux.

Coca-Cola, par exemple, incarne les enjeux de la santé et de la pollution. Je prends en considération un autre critère, celui de la pertinence de l'histoire de l'entreprise. Au début, je pensais raconter le parcours de BNP Paribas. Mais je me suis aperçue que son histoire n’était pas très intéressante.

Combien êtes-vous à travailler sur ce projet?

On est quatre. Trois personnes au cœur du réacteur : Karen Dehais, la réalisatrice, Irène Ménahem, l'attachée de production et moi, je suis la productrice. Irène travaille sur la documentation et cale les invités qu'on a choisis ensemble. Karen, elle, va me faire des retours. Elle réécoute mon travail, ce que j'ai écrit et enregistré.

Puis on discute ensemble de ce qu'il faut refaire ou de ce que l'on valide pour ensuite envoyer ce qu'on a fait au mixage. C'est un technicien qui s'en occupe. Le mixage, c'est un peu comme quand la coiffeuse t'applique de la laque sur ta coiffure. C'est la touche finale.

Qu’est-ce qui te prend le plus de temps ?

L'écriture me prend le plus de temps. Au contraire d'une chronique qui est beaucoup plus courte, où dès que tu l'as faite, le lendemain, tout le monde l'a oublié. Le podcast, lui, reste un peu. Quand tu l'écris, tu as l'impression de tisser un tapis, parce que c'est quand même long, 48 minutes.

Quand je commence à écrire, j'ai à peu près mon plan, mais j'écris beaucoup en fonction des sons récoltés. Au fur et à mesure, je tisse mon tapis. Je dois réfléchir à préparer trois parties avec à la fin de chaque morceau un peu d'enjeu, car le podcast sera diffusé dans la grille d'été de France Inter.

En général, la première partie, c'est vraiment l'histoire de la naissance de l'entreprise. La deuxième partie, c'est plutôt sur comment elle se développe, comment elle grandit. Enfin, la dernière retrace comment la multinationale est devenue assez décriée et quel est son avenir.

Combien de temps y a-t-il entre l’écriture du podcast et sa mise en ligne ?

J'ai du mal à comptabiliser. Je travaille sur plusieurs épisodes de podcast en même temps. Mis bout à bout, on va dire deux semaines, mais c'est vraiment très condensé. Pour tout lire, tout assimiler, faire un pré-plan, avant de discuter avec les invitées, la documentation me prend deux jours. Après j'appelle les invités pendant une heure, pour les briefer à propos des sujets sur lesquels je vais les interroger. Les vraies interviews durent environ deux heures.

Après je les dérush, je monte les sons des invités. Pour chaque épisode, j'ai besoin de cinq jours éparpillés pour écrire ma voix, au fur et à mesure des sons que j'intègre. J'enregistre ma voix ce qui est complexe et très fatigant. Cela paraît bête, mais je dois répéter plein de fois et ça dure deux heures et demie. Puis Karen réalise l'épisode et ça nécessite une dizaine de jours.

Qu’y a-t-il de plus difficile dans la production de ce podcast ?

Assimiler les connaissances et percevoir les enjeux des entreprises sur lesquelles on travaille, est ce qu'il y a de plus difficile dans la fabrication d'un podcast. Car d'un côté, je connaissais TotalEnergies, de l'autre côté les multinationales comme SHEIN et TikTok me semblaient moins familières. Donc j'ai dû plus creuser l'histoire de ces entreprises pour mieux pouvoir les appréhender.

De plus, lorsque j'ai eu cette idée de podcast, j'ai complètement sous-estimé la masse de travail que cela impliquait. Par exemple, l'histoire de Total est gigantesque et complexe. Elle est hyper liée à la géopolitique. Cela requiert évidemment de beaucoup lire et de recouper ses sources. Je fais aussi bien attention au sens de mes phrases. Quand je devais parler de la « Françafrique », j'avais du mal à me rendre compte si ce que je disais était trop factuel ou au contraire, si je paraissais trop naïve.

Le journalisme collaboratif, une voie innovante pour l’information de demain

Dans un contexte de baisse des financements alloués aux médias et particulièrement à l’investigation, un certain type de journalisme se développe ces dernières années, le journalisme collaboratif. A l'opposé des courses aux audiences et aux scoops qui agitent parfois les rédactions, il représente une façon de produire de l’information protéiforme et moins coûteuse, adaptée aux récentes évolutions de l'écosystème médiatique.

Un climat de défiance généralisé, des noms qui tombent au compte-goutte, des centaines d’articles qui scandalisent la population mondiale… Souvenez-vous, nous étions en 2016 et les premiers articles des “Panama Papers”, une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) venaient d’être publiés. Et pour aboutir à la révélation de ce système de fraude financière mondialisé, 378 journalistes situés dans 77 pays différents avaient dû analyser quelque 11,5 millions de documents. Rien que ça. 

Vous l’aurez compris, si cette enquête retentissante avait abouti à l’époque, c’était grâce à la mutualisation des moyens humains, financiers et matériels de plusieurs dizaines de rédactions. Autrement dit, grâce au journalisme collaboratif, qui, contrairement au journalisme participatif, désigne uniquement les productions impliquant des professionnels de l’information - rédactions ou journalistes - et non des citoyens. 

Les multiples visages du journalisme collaboratif 

Aux Etats-Unis, la chercheuse américaine Sarah Stonbely a montré que le journalisme collaboratif s’était développé à partir des années 2000, pour répondre aux réductions de financement du journalisme local. Dans le cas des Panama Papers, la collaboration répondait à un autre besoin, celui de mutualiser les ressources au service d’un objectif qui aurait autrement été inatteignable. 

Le journalisme collaboratif admet ainsi une large palette d’usages : il désigne autant les collaborations étroites et ponctuelles centrées autour d’une production journalistique - à l’instar des Panama papers - que le transfert de ressources entre professionnels, comme le propose le projet NJ News Commons aux Etats-Unis. 

Ce projet, réalisé par le Centre pour la coopération entre les médias, basé dans le New Jersey, met en relation plus de 280 producteurs d’informations locales, et leur permet notamment de se partager des photos, des informations ou encore des vidéos. 

Un moyen de s’adapter aux récentes évolutions de l’écosystème médiatique 

Le journalisme collaboratif s’adapte à toutes les dernières évolutions de l’écosystème médiatique. Aux Etats-Unis, le rapprochement des petites rédactions locales a permis de réduire les coûts tout en augmentant les audiences, un avantage considérable dans un contexte de réduction des financements. 

Dans le cas des productions nationales et internationales, la mutualisation des ressources a surtout permis d’atteindre un haut niveau de valeur ajoutée, par la révélation d’affaires qui n’auraient pas pu être mises au jour sans cette fusion d’expertises et de compétences au niveau international (Panama et Pandora Papers, Paradise Papers…). Une manière de faire du journalisme d’autant plus cruciale dans un monde où l’IA a tendance à remplacer les tâches journalistiques à faible valeur ajoutée. Et si collaborer devenait la règle, et la compétition l’exception ? 

L’IA : nouvelle alliée dans la modération de contenu sur les plateformes numériques ?

La modération du contenu sur les réseaux sociaux est essentielle pour les médias car il s’agit d’une des règles qui régissent l’environnement du contenu qui sera posté en ligne. En comprendre les tenants et les aboutissants c’est pouvoir s’adapter face à des enjeux tels que l'image en ligne du média, la sécurité des espaces d’échange et le respect des obligations légales.

Réactivité et contextualisation : les maîtres-mots de la modération de contenu

L’IA générative, grâce à sa capacité à traiter rapidement un très grand nombre de données, est devenue un outil-clé au service des modérateur·ices de contenu. OpenAI l’a bien compris et l’été dernier, la maison-mère de ChatGPT, a annoncé lancer une phase d’expérimentation pour qu’à terme GPT -4 puisse devenir un outil de modération.

L’IA aide les modérateur·ices à contextualiser un contenu, elle leur permet de mieux appréhender la source et la manière dont il est partagé. Surtout, elle permet de gagner en réactivité et facilite les ajustements de politique de modération suivant le contexte (élections, guerres…).

L’importance du rôle délégué à l’IA dans la modération varie selon les techniques utilisées : un corpus de mots-clés qui permet l’identification d’un corpus de termes interdits qui déclenche une vérification humaine ; l’utilisation de « graphes sémantiques » qui donne à l’IA la capacité à relier concepts et groupes de mots afin de mieux cerner le sens d’un message et son contexte.

Enfin, la modération par apprentissage automatique (s) permet à l’IA de continuer à « apprendre » à détecter les contenus à modérer grâce à des annotations de données effectuées par des humains et/ou par la machine elle-même.

L’humain toujours indispensable derrière la machine ?

Pour Jean Vanderdonckt, enseignant-chercheur en intelligence artificielle à l’UCLouvain, l'automatisation ne peut se passer totalement de l’humain. Dans un article de la RTBF, le chercheur préconise de confier à l’IA le traitement des volumes massifs et des tâches répétitives, tout en réservant à l’humain les cas complexes, sensibles ou litigieux. Ce faisant, l’IA permet d’éviter l’exposition répétée des modérateur·ices en constituant un premier filtre devant les contenus explicitement illégaux et ainsi de réduire les risques pour leur santé mentale.

L’IA en première ligne donc mais toujours supervisée par des humains. En effet, les algorithmes ont encore des difficultés à percevoir les références culturelles, l’ironie ou encore l’évolution du langage.

Le cadre légal et ses limites

Dans le DSA (le Digital Services Act, règlement européen visant à réguler les grandes plateformes numériques), l’UE garantit la protection des utilisateurs, l’obligation de transparence, et la suppression des contenus illégaux. À ce cadre légal, s’ajoutent les chartes des plateformes qui encadrent, pour chaque réseau, les discussions et contenus échangés par les utilisateurs.

Or, les dernières évolutions de la modération de Meta annoncées début 2025 par Mark Zuckerberg ont ouvert la voie à une « discrimination structurelle », dénoncent quatre associations de défense des droits des personnes LGBT+. Elles ont déposé plainte devant le procureur de Paris, mardi 6 janvier 2026 pour « discriminations homophobes et transphobes », mais aussi « injures » et « complicité d’injures ».

Ce dernier cas souligne une autre limite qui n’a pas encore été résolue : les plateformes et les IA qui participent à leur modération sont souvent la propriété des mêmes entreprises. Un mélange des genres à surveiller de près.

Trois modèles qui redessinent l’information

Les médias ne gagnent plus seulement par la vitesse de diffusion, mais par leur capacité à se diversifier via différents outils. Runway automatise la création vidéo et accélère la production, Vox incarne un média “explain first” centré sur la pédagogie, et la plateforme Substack offre une nouvelle proximité entre journalistes et audience. Ensemble, ils redéfinissent un média plus rapide, clair et décentralisé.

Runway est une plateforme d’IA vidéo permettant de créer, modifier et monter des vidéos à partir de texte, d’images ou de séquences existantes. Son innovation clé est le text-to-video : une description génère automatiquement une vidéo cohérente.


Pour les médias, elle réduit fortement coûts et délais de production. Les rédactions peuvent créer des teasers, animations, visualisations ou contenus sociaux sans tournage lourd. Ce n’est plus seulement un gadget créatif : des médias et studios l’utilisent déjà pour produire des teasers, des formats sociaux ou des visualisations très rapidement. On voit par exemple des chaînes YouTube d’actualité tech ou des créateurs comme The Verge (médias spécialisés dans l’analyse des technologies) expérimenter des workflows hybrides mêlant tournage classique et génération IA.

Ce qui est intéressant, ce n’est pas seulement la qualité des images, mais l’idée d’une newsroom “augmentée”, capable de produire beaucoup plus de formats avec moins de friction.

À l’opposé du flux permanent d’actualité, Vox reste une des meilleures références sur la manière d’expliquer Internet à Internet. Leur approche explain first part d’une intuition simple : les gens ne manquent pas d’informations, ils manquent surtout de contexte. Leurs formats vidéo sur les élections américaines ou encore l’inflation permettent de rendre compréhensibles des sujets complexes avec du motion design, des schémas et une narration très pédagogique


C’est aussi ce qu’on retrouve dans des podcasts comme Today, Explained : l’actualité y est moins traitée comme un “breaking news” que comme quelque chose qu’on démonte pièce par pièce. Ce modèle est particulièrement intéressant aujourd’hui, parce qu’il répond à la fatigue informationnelle : on n’a pas forcément besoin de plus de news, mais de médias capables de nous aider à comprendre ce qui compte vraiment.

C’est un modèle éditorial qui se marie assez naturellement avec l’IA. Vox expérimente déjà des usages liés à la recherche documentaire, à la synthèse d’informations et à l’adaptation des contenus sur plusieurs formats.

Substack est une plateforme qui fusionne média et creator economy en permettant aux auteurs, journalistes et experts de publier directement des newsletters payantes ou gratuites. Substack représente une autre bascule importante : le retour du lien direct entre un auteur et son audience. Ce qui est fort dans ce modèle, c’est qu’il transforme le journaliste ou l’expert en véritable créateur-éditeur. Il ne dépend plus d’un média traditionnel pour publier, distribuer ou monétiser son travail.


Surtout, ça produit des voix beaucoup plus incarnées. On ne suit plus une “marque média”, on suit une personne pour son regard. Des auteurs comme Casey Newton avec Platformer ou Emily Sundberg avec Feed Me montrent bien cette évolution. Leurs newsletters mélangent analyse, coulisses, ton personnel et communauté fidèle. On retrouve presque une logique de micro-média premium, très niche mais très engagée. C’est probablement l’un des modèles qui explique le mieux pourquoi la “creator economy” influence aujourd’hui autant les médias traditionnels.